Ventes de motos de trial 2025 : à l’image de la France, dans le rouge vif !

Bien qu’en retrait du trial depuis de nombreux mois, la passion pour cette discipline m’anime toujours, et lorsque je constate son déclin, à l’image de la France à vrai dire, les voir passer dans le rouge vif m’attriste réellement.

Depuis 2022, les ventes de motos de trial (immatriculées) n’a eu de cesse de régresser : – 17,1 % en 2022 VS 2021, – 17,1 % à nouveau entre 2023 & 2022, puis – 18,3 % entre 2024 et 2023, et enfin – 32,7 % en 2025 par rapport à 2024.

Et encore depuis 2024 les Electric Motion sont rattachées aux motos de trial, ce qui ne fut pas le cas avant. Donc si on ne parlait que des thermiques, le constat serait encore pire !

Malheureusement …

599 motos de trial immatriculées en 2026

L’ajout d’ELECTRIC MOTION dans la catégorie trial, ce qui est totalement justifié, est d’autant plus positif en 2025 que la marque tricolore arrive en tête des ventes avec … 124 immatriculations (-21 %) !

Suivent BETA avec 112 (- 51,7 %), GAS avec 103 (-36,4 %), SHERCO et 87 unités (-21,6 %), TRS avec 68 motos (-16 %), MONTESA et 57 quatre temps (-34,5 %), VERTIGO et ses 35 immatriculations (- 30 %) et enfin SCORPA, la seule marque qui progresse de 30 % (!!) passant de 10 à 13 motos en 2025.

Bien entendu, marque par marque on peut trouver des explications à cette chute vertigineuse, comme pour BETA par exemple, dont l’annonce de l’arrivée d’un nouveau modèle a, très probablement, ralenti les ventes. Je crois savoir, sous toute réserve, que MONTESA attribue un quota à son importateur, Alex FERRER, qu’il est probablement difficile de contourner. GAS a subi aussi très certainement de plein fouet les tribulations plus que chaotiques de sa maison mère, KTM en 2025. 

Tout ceci, et probablement d’autres arguments, peuvent apporter un peu de clarté dans la situation, mais le fond du problème reste entier, et il ne date pas d’aujourd’hui.

Il vous suffit de reprendre de nombreux articles publiés depuis des années sur www.planetetrial.com et vous retrouverez toutes les explications à ce « drame » qui se joue sur ce tempo depuis maintenant trop longtemps.

Alors, certes, la société de 2025 n’est plus celle des années 1980, certes nous pratiquons tous plusieurs activités, certes les restrictions et l’environnement politique d’une gauche écologiste plutôt radicale dans ses choix imposés au Français et plus largement à l’Union Européenne, donnent vraiment de nombreuses explications à la situation du trial en France : MAIS … 

Mais quand on voit le public présent sur les trials en salles, lors de certaines manifestations comme le Mondial à Vertolaye en 2023 (pour exemple ce n’est pas le seul), on peut se poser des questions !

Mais quand on voit tous ces « minots » qui attaquent comme des grands sur des marches plus hautes qu’eux parfois, on comprend que l’engouement est bel et bien présent chez la jeunesse.

Mais quand on va sur les réseaux sociaux où les pilotes exposent leurs vidéos, et qu’on les voit sauter sur la roue arrière, attaquer des obstacles de folie, se lancer des challenges, on ne peut qu’admirer leur technique, leur passion et leur volonté d’avancer dans notre sport.

Mais quand on constate qu’en 2024, malgré un calendrier du TRIAL GP financièrement totalement stupide, que certes il y a eu moins de pilotes qui ont fait la totalité du championnat qu’en 2023, mais que l’hémorragie fut quand même limitée, on le doit à la passion des marques des temps et des pilotes.

Mais quand on constate que, malgré la descente aux enfers un peu plus chaque année des ventes de motos de trial (car il ne faut pas se leurrer, si en France c’est probablement pire qu’ailleurs, le trial régresse globalement), les marques, à part HONDA/MONTESA et dans une bien moindre mesure SHERCO/SCORPA ou BETA (je ne parle par de GAS/KTM compte tenu de la situation de la marque Autrichienne en 2025), les autres marques proposées, ELECTRIC MOTION,  TRS et VERTIGO sont de très petites entreprises où la passion prend probablement aussi souvent le pas sur la raison, eh bien toutes ces entreprises continuent de développer  leurs motos, d’avancer sportivement, et de toujours croire dans le futur du trial.

UN IMMENSE BRAVO à toutes ces marques !

Tout cela posé, que faire ? À nouveau je vous suggère de relire nos articles mais à ce jour la question probablement la plus importante c’est : qui peut mettre un terme à cette vertigineuse descente aux enfers du trial ?

C’est à la FFM et à la FIM de se cracher dans les pognes et de se remettre en question ! Certes, on ne peut pas dire qu’ils ne font rien, mais force est de constater que ce qu’ils font ne répond pas à la réalité du terrain. Dans tous les sports, quand une équipe perd ou qu’un sportif de haut niveau n’atteint pas ses objectifs, ce sont les entraineurs qui les premiers trinquent.

Dans les instances du trial, on ne change pas des équipes qui perdent ! Au contraire, à chaque élection ou nomination, on reconduit ces personnes, dont je ne mets pas en doute la bonne volonté, mais dont l’incompétence est avérée simplement par le constat d’échec auquel nous assistons.

Il faut changer les équipes des dirigeants du trial de la FFM et de la FIM. Les remplacer par des personnes ambitieuses, volontaires et apportant des idées neuves.

Mais, ouf, en 2026 le championnat de France sera probablement préservé de cette descente aux enfers : l’arbre qui cache la forêt grossit de façon quasi exponentielle, et donc il cache bien le mal dont souffre le trial en France, et la FFM ne regarde que cet arbre.

Sébastien POIRIER, Président de la FFM, ne peut s’en prendre qu’à lui-même puisque depuis qu’il préside au destin de la FFM (2020), à part l’effet « après Covid » de 2021, le trial n’a eu de cesse de régresser …

Mais, ouf, le Championnat de France survit !