Mieux vaut tard que jamais … mais …

« Comment sauver le trial ? » c’est le gros titre de la couverture du dernier numéro de TRIAL MAGAZINE # 119 qui enchaine le début de son dossier par : « Le trial en danger ».

Mais comme mieux vaut tard que jamais, on ne peut que féliciter la revue papier du trial de poser ces questions si cruciales pour notre discipline.

L’article majoritairement donnant la parole à des personnalités diverses du trial tricolore, débute par une énormité, celle du Président de la FFM, Sébastien POIRIER, qui aurait dit à certains de nos confrères, lors du TRIAL GP de France 2025 en Corse, que « la discipline se portait bien » : si j’avais été présent lors de cette affirmation j’aurais bondi de rage, mais en réalité à cela rien de surprenant.

Je ne vais pas épiloguer la-dessus, mais j’ai pu échanger dans le passé avec le Président de la FFM, j’ai vu comment « sa garde rapprochée » s’arrangeait sur certains événements pour l’isoler de ceux qui pouvaient lui porter la contradiction, et comme je l’ai dit à de très nombreuses reprises sur www.planetetrial.com, non sans une grande part d’ironie lorsque je mettais en avant les problèmes de notre sport : « Ouf, le championnat de France se porte bien » !

Pendant plus de 15 ans, avec Bruno CAMOZZI nous n’avons eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme, d’étayer ces craintes par la présentations de faits bien réels, en particulier par le nombre décroissant de ventes de motos de trial en France, mais aussi avec les problèmes de fréquentation des trials de ligues, ou encore avec le vieillissement de la gente trialistique, mais comme il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, la crème du trial tricolore a fait la sourde oreille mais aussi la politique de l’autruche : c’est bien plus facile que de prendre les problèmes à bras le corps.

Comme vous le savez www.planetetrial.com n’est plus actif, si ce n’est de façon très ponctuelle, comme par exemple ce fut le cas il y a quelques semaines où un article mis en ligne traitait de la descente aux enfers des immatriculations (donc ventes) des motos de trial en 2025, qui a encore largement chuté pour ne représenter plus que 599 motos. 

Et comme toujours, quand nous avons évoqué cette situation pour le moins catastrophique, nous avons apporté des pistes concrètes … avec un air quand même de : « il y a longtemps que nous le suggérons ». Bref, je vous conseille de lire cet article.

De la même manière, je vous conseille de lire le dossier publié dans TRIAL MAGAZINE # 119, afin de connaitre les points de vues de personnalités telles que Loris GUBIAN, Michel ACHARD ou Tristan DHERBEY, pour ne citer qu’eux – mais ils sont 16 donc vous en aurez pour votre argent.

Si, globalement, il n’y a pas grand chose à redire quant aux analyses des intervenants, il y a quand même quelques points qui méritent d’être commentés et élargis.

Beaucoup mettent en avant que le trial est devenu trop élitiste et comme c’est un sport plutôt technique, cela a repoussé de nombreux pratiquants. Certes le trial est un sport qui demande beaucoup d’abnégation avant de prendre un peu de plaisir, mais là où je ne rejoins pas plusieurs intervenants de cet article c’est lorsque certains expriment que c’est l’élitisme du haut niveau qui serait une des causes du problème du trial.

Quel que soit le sport, de la course à pied, en passant par la F1, le rugby ou le ping pong etc. aux niveaux les plus élevés (JO, mondiaux) seules les élites accèdent. Donc pour moi ce n’est pas le fond du problème, même si on peut regretter le manque de pilotes dans la catégorie TRIAL GP et la trop forte domination de Toni BOU qui cumule les titres comme certains cumulent les échecs.

Bien entendu il y aurait tout plein de choses à faire pour relancer le trial, mais la vérité c’est qu’il est devenu tellement peu visible, pour ne pas dire presque invisible, qu’il n’a aucune chance d’attirer un nombre suffisant de pratiquants pour alimenter la pyramide nécessaire à ce qu’à chaque niveau de compétition pour aller au jusqu’au plus haut niveau il y ait un nombre acceptable de pilotes.

L’absence du trial des médias, contrairement à d’autres sports (souvenez-vous de l’attrait de certains sports suite aux JO de Paris 2024) créé ce voile opaque qui empêche le plus grand nombre de le connaitre, donc d’exister.

Et on ne peut même pas compter sur la FFM pour donner l’exemple. Ainsi, en fin de semaine dernière c’était l’ouverture du Championnat de France de Trial 2026 à Maisse. Abonné aux newsletters de la FFM, entre le 2 et le 5 Avril j’ai reçu pas moins de 8 emails de la FFM : 1 pour l’ouverture du Championnat de France de Cross Country, 5 pour l’ouverture du SUPERBIKE, 1 pour le début du PROMOSPORT et 1 pour le championnat de France de Motocross. 

Et l’ouverture du Championnat de France de Trial ? Rien, nada, nothing, que dalle, nichts, niente !

Alors comment voulez-vous que les grands médiats traitent du trial si la FFM ne le fait même pas elle-même ! 

Mais ouf, le Championnat de France 2026 a fait une belle ouverture à Maisse !