Mondial Trial 2022 : année sombre pour la France …

Le rideau est tombé il y a deux jours sur l’édition 2022 du Championnat du Monde de Trial, et force est de constater que ce fut une année sombre pour la France et le trial Français.

Avant tout il convient de préciser que ce qui suit n’a pas pour but d’accabler nos tricolores qui ont participé à ce Championnat du Monde, mais de faire un état des lieux et les constatations qui s’imposent.

À cet effet il nous fallait un baromètre, une sorte d’étalonnage afin de comparer ce qui est comparable, aussi avons-nous pensé que de s’appuyer sur les points marqués par tous les pilotes dans toutes les catégories présentes sur ce mondial, serait une bonne base. Nous avons donc pris les classements de toute la saison en TRIAL GP, TRIAL 2 & 3, TRIAL GP WOMEN et TRIAL 2 WOMEN, et rentré les points acquis par tous les pilotes qui en ont manqués.

Le tout premier constat qui saute aux yeux (voir tableau en bas d’article) c’est que des grandes nations historiques du trial, la France est … bonne dernière, derrière l’Espagne #1, puis l’Angleterre #2 et l’Italie #3.

En effet, si on additionne tous les points engrangés par les pilotes dans toutes les catégories et qu’on les regroupe par nation, on arrive à ce top 5 :

  • Espagne : 1682 points.
  • Angleterre : 959 points.
  • Italie : 854 points.
  • France : 437 points.
  • Norvège : 329 points. 

Une fois encore, l’Espagne est très hégémonique, mais cela dépend des catégories : plus la catégorie est élevée plus elle est forte. 

Le plus triste pour notre trial national c’est l’écart avec les deux autres nations : l’Angleterre et l’Italie.

Si, certes, l’Espagne reste hors de portée, puisqu’elle comptabilise 723 de points de plus que l’Angleterre sa première dauphine, et 828 sur l’Italie, troisième du classement, avec seulement 437 points marqués, la France se situe à moins 552 de l’Angleterre et moins 417 de l’Italie.

Et si on ne prenait en compte que les points marqués par les pilotes hors TRIAL GP où la Norvège n’avait pas de représentant cette année, la France ferait à peine mieux avec 344 points. 

En conclusion on reste dans le top 4, mais sans briller et sans aucun titre, sans aucun Français sur les 5 podiums quand l’Espagne a 6 podiums dont un titre, l’Angleterre 3 et un titre et l’Italie 1 podium.

Qu’est-ce qui se cache derrière ces chiffres ? La triste réalité de la pauvreté des trial Français. Certes on a un Championnat de France garni en pilotes, mais ceux-ci ne sont pas véritablement en mesure de se confronter à leurs homologues Espagnols, Anglais et Italiens.

Cela vient très probablement du fait que depuis de nombreuses (trop nombreuses) années, le trial tricolore n’a pas de boss !

Il y a un peu plus d’une semaine, l’équipe de France féminine d’enduro claquait un podium aux ISDE du Puy-en-Velay. À cette occasion j’ai appris que celles-ci avaient une Entraineur National qui se nomme Stéphanie BUISSON. Et c’est formidable pour ces jeunes femmes volontaires et bourrées de talent.

Mais ce dont l’enduro féminin bénéfice, le trial Français n’y a pas droit !!

Pourtant ce n’est pas une question de moyens financiers car la FFM a tout à fait les finances pour doter le trial d’un véritable Entraineur National à plein temps (nous reviendrons très prochainement sur les finances de la FFM dans un autre article).

Non, le trial bénéficie, et ceci n’est pas péjoratif à leurs égards, “d’intermittents du trial” sans que l’on sache jamais qui décide quoi et SURTOUT sans réelle politique sportive et d’encadrement pour favoriser le développement de nos talents, car de ce point de vue là, la France n’en manque pas.

Ce qui était en place à l’époque où Thierry MICHAUD était le boss du trial sportif Français, le trial n’en a plus le droit aujourd’hui et ce depuis trop longtemps.

Il est grand temps de réagir et de nommer un chef à la tête du trial Français.

Il y a en France quelques personnes capables d’assumer cette fonction, à plein temps, avec une mission à long terme, mais pour cela il faut une véritable volonté politique de la FFM. Et si celle-ci estime qu’en France on n’a pas LA personne eh bien pourquoi ne pas aller chercher ailleurs ? Bref les solutions existent, mais il faudrait que le Président de la FFM aime le trial, ce qui, malgré ses dires, ne semble toujours pas être le cas.

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